La lecture des nombres
Les douze compagnons, et le 4 août
Rien n'est laissé au hasard dans cette trame. Les nombres ont été cherchés, puis arrêtés, avant que la première ligne soit tracée : la grille de l'œuvre compte ceux qui sont tombés avec lui, et le jour où tout a commencé.
Ce que compte la trame
| Élément du monument | Ce qu'il compte |
|---|---|
| 12 rangées sur chaque face | Les douze compagnons tombés avec lui |
| 4 colonnes de bossages | Le 4 août 1983, l'ouverture de la Révolution Démocratique et Populaire |
| 2 faces portant le visage | Les deux directions, le nord et le sud |
Le 15 octobre 1987, le Camarade Président Thomas Sankara a été assassiné à Ouagadougou avec douze de ses compagnons. Ils reposent aujourd'hui auprès de lui au Mausolée, à Ouagadougou. Le monument porte douze rangées de bossages, sur chacune de ses quatre faces.
Les quatre colonnes disent le 4 août 1983, le jour où s'est ouverte la Révolution Démocratique et Populaire. La sculpture elle-même a quatre faces.
Et le visage regarde dans deux directions opposées, pour celui qui arrive comme pour celui qui repart. Ces deux directions sont le nord et le sud — l'Europe et l'Afrique, et les deux mots dont le Camarade Président s'est servi pour parler de la dette et de la dignité des peuples.
Ces nombres viennent de mes recherches, et je les ai arrêtés avant de dessiner. Une sculpture de mémoire qui ne compterait rien ne serait qu'un décor : celle-ci devait porter une date et des noms, et la forme s'est construite autour d'eux.
La place du vide
La trame est la même sur les quatre faces : quarante-huit emplacements, douze rangées de quatre. Les deux faces de texture les portent tous.
Sur les deux faces qui portent le visage, vingt de ces emplacements sont rendus au vide : seize pour le visage, quatre pour le bloc du nom. Il en reste vingt-huit. Là où le métal n'a pas été frappé, c'est lui.
Le monument porte au total cent cinquante-deux bossages.
La planche des deux faces
Élévation à plat, aux cotes réelles. Les faces portrait portent le visage, le nom et la signature découpés au travers de la tôle ; les faces de texture ne portent aucune découpe.
Prisme de 200 cm de hauteur, section 70 × 70 cm, acier Corten de 6 mm. Bossages hémisphériques de 139 mm de diamètre et de 20 à 25 mm de relief, de même dimension sur toutes les faces, à 167 mm d'entraxe horizontal et 165 mm d'entraxe vertical. Les bandes latérales qui encadrent le visage sont laissées lisses.
Le comptage exact
| Face | Nombre | Bossages | Total |
|---|---|---|---|
| Face de texture | 2 | 48 par face — 4 colonnes × 12 rangées | 96 |
| Face portrait | 2 | 28 par face — 4 en rangée haute, 24 en partie basse | 56 |
| Ensemble du monument | 4 | — | 152 |
Un bossage est un coup. Il faut frapper la tôle pour qu'il apparaisse. Cette grille régulière est le compte du travail répété, du geste recommencé, de l'effort collectif qui construit. Elle est le peuple autour de l'homme : le visage est ouvert dans le métal, mais c'est le métal frappé qui l'entoure et le tient.